Scalp !

Michel Machin a 38 ans. Une maison, une voiture, un boulot douillettement soporifique, quelques crédits à taux intéressants, des week-ends bien remplis, une femme attentionnée, un joli bébé, et une passion molle pour le piano qu’il travaille depuis ses 10 ans. Il a une bonne situation. Il habite en ville mais il mange bio et local. Il évite les supermarchés. Il a un van diesel mais se déplace en vélo dès qu’il le peut. Il achète 10 % de produits équitables (en boycottant Max Havelaar car il a lu récemment que c’était des salauds comme les autres). Il donne 19 euros par mois à Médecins du monde et signe régulièrement des pétitions pour sauver les abeilles. Il prend rarement l’avion et a une empreinte carbone assez faible. Il voudrait bien faire plus pour l’Afrique, mais il préfère donner au feu rouge. Au moins il sait où va l’argent. Et puis on ne peut pas tout changer tout seul. La vie est comme elle est, et il faut bien s’en accommoder.

Seulement, un jour, Michel Machin fait un rêve. Un rêve étrange au cours duquel il se fait scalper. Il se réveille en nage, pose une main sur son crâne… et se découvre chauve. Impossible d’enlever cette couche de peau luisante collée à ses cheveux… Pourtant son entourage lui assure qu’il a toujours été comme ça.

Ce mauvais rêve est-il sans fin ? Vient-il de sortir d’un long coma ? A-t-il réellement laissé filer les années sans s’en apercevoir ? Ce nouveau paramètre ébranle ses certitudes, sa réalité se fissure peu à peu et ses démons intérieurs s’engouffrent dans la brèche.

Michel Machin est en proie au doute, il peine à distinguer le vrai du faux. Des visions de plus en plus fréquentes rendent son quotidien invivable. Il ne dort plus, n’a plus goût à rien, est incapable de jouer du piano, va développer toutes sortes de tocs et de névroses. Il erre dans un monde à la frontière du fantastique, où ses angoisses se matérialisent sous ses yeux, un monde peuplé d’amis imaginaires, maléfiques ou faussement rassurants.

Et de dénis en hallucinations, de thérapies en thérapies, le voilà lancé dans une quête existentielle à la recherche de son Moi profond. Mais pendant qu’il se débat pour garder la face, il se fait secrètement la promesse de retrouver en rêve l’indien qui lui a volé ses cheveux…

 

Note d’intention :

 

Le pourquoi du comment

Comment un homme ordinaire peut-il basculer dans la folie ?

Voilà le point de départ du spectacle. À partir de quand sommes-nous considérés comme anormaux ? Cette frontière est-elle perméable ? Peut-on passer de l’autre côté et revenir à la raison sans y laisser de plumes ?

Nous voulons parler avec dérision de notre société occidentale contemporaine, non pas parce qu’elle est plus aliénante qu’une autre, mais parce que c’est la seule que nous connaissons de l’intérieur.

Le personnage central de notre histoire a franchi toutes les étapes d’un parcours de vie bien réglé, il a coché toutes les bonnes cases aux bons moments, sans jamais se retourner. Mais un événement insignifiant va pourtant enrayer cette mécanique et lui faire prendre conscience de la vacuité de son existence.

Le rêve que fait Michel Machin ouvre sa boîte de Pandore et l’entraîne dans une descente aux enfers que nous voulons traduire dans un langage burlesque et décalé.

Le comment du pourquoi

Et si nos démons intérieurs prenaient corps ?

Nous souhaitons développer un univers burlesque où le fantastique vient peu à peu s’immiscer dans le réel, jusqu’à tout envahir. Nous verrons la crise que traverse Michel Machin de l’intérieur, par son prisme, pour être au plus près de ce qu’il vit, dans sa tête et dans sa chair. Nous mettrons en images ses sensations.

Une création collective : Trois personnes au plateau et beaucoup de personnages.

Un processus d’écriture au plateau, mené par les trois interprètes, chacun ayant sa spécificité : un comédien circassien, un comédien clown, un comédien musicien. Ils seront guidés dans un deuxième temps par un regard extérieur.

 

Spectacle en création 

Sortie le Samedi 7 novembre 2020 à La Palène – Rouillac (16)

 

 

Administration de production :

Amélie Godet
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